Poème
Donne moy tes presens en ces jours que la Brume
Donne moy tes presens en ces jours que la Brume Fait les plus courts de l'an, ou de ton rameau teint Dans le ruisseau d'Oubly dessus mon front espreint, Endor mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume. Misericorde ô Dieu, ô Dieu ne me consume A faulte de dormir, plustost sois-je contreint De me voir par la peste ou par la fievre esteint, Qui mon sang deseché dans mes veines allume. Heureux, cent fois heureux animaux qui dormez Demy an en voz trous, soubs la terre enfermez, Sans manger du pavot qui tous les sens assomme : J'en ay mangé, j'ay beu de son just oublieux En salade cuit, cru, et toutesfois le somme Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.
Commentaires (1)
Terre de Brume ----------------- L’hiver dans nos quartiers va remplacer l’automne, Refroidissant la rue et ses vieux bâtiments. Les badauds sur la place errent languissamment ; On n’entend pas les cris de la foule gloutonne. Venant de nulle part, un carillon résonne. Les passants sont saisis par un étouffement, Même ceux du marché freinent leurs mouvements ; Un dédale sans murs m’absorbe et m’emprisonne. Le vieil hôtel de ville est aujourd’hui pâlot ; Au brouillard qui me semble un immobile flot, Un dernier feu de bois ajoute sa fumée. Heureux que soit absent d’ici le vent du nord, Je vais droit devant moi, profitant d’un temps mort Pour marcher au hasard dans la ville embrumée.
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