Poème
Diagnostic
par Jean RICHEPIN
Le front est balafré de plis. Les yeux ardents Flambent de fièvre et sont noyés de pleurs. La bouche Fait un trou noir, béant, plein de bave et farouche Où la langue ballotte, où se collent les dents. Le ventre convulsé s'enfle, rentre en dedans, Puis ressort, bossué de nœuds, comme une souche, Et les poumons, crachant le spasme qui les bouche, S'essoufflent par la gorge en cris durs et stridents. Mais quel est donc ce mal, ce coup d'épilepsie, où l'on râle écumant, la cervelle épaissie, Les sens perdus, les nerfs détraqués, où la chair Semble un poisson vivant dans une poêle à frire? Hélas, ce mal, c'est notre ami, c'est le plus cher, C'est le consolateur des hommes, c'est le Rire.
Commentaires (3)
Trou d’azur ------- Je suis un transcendant symbole, Bien connu de Jacques Lacan ; Il me mentionne en remarquant Que je ne dis nulle parole. Je n’aime ni les paraboles, Ni les messages provocants ; Car ce n’est pas en se moquant Qu’on évite les hyperboles. C’est ma sagesse qui me sauve ; Je ne crains rapace ni fauve, Non plus de perdre mon chemin. Maître de l’Empire des Signes, Plus enivrant que n’est la vigne Et plus pérenne que l’humain.
ou trou de Bâle ! Azurément c'est mieux ! quant à Lacan, là quand il veut !
En effet.
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