Poème
De profundis clamavi
J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime, Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé. C'est un univers morne à l'horizon plombé, Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ; Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois, Et les six autres mois la nuit couvre la terre ; C'est un pays plus nu que la terre polaire ; - Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois ! Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse La froide cruauté de ce soleil de glace Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ; Je jalouse le sort des plus vils animaux Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide. Tant l'écheveau du temps lentement se dévide !
Commentaires (5)
Je suis vraiment content par-apport a ce que j'ai lu sur monsieur Charles Baudelaire,mais dommage qu'il ne vit plus avec nous. Paix a son àme.
Calice d’or -------------- Le calice, songeant au charpentier qu’il aime, En un recueillement nostalgique est tombé ; Par le vitrail, on voit un peu de ciel plombé, Un grillon, dans un coin, bredouille un vieux blasphème. Calice ni grillon n’ont le don des poèmes, Le silence par eux n’est guère perturbé ; Ce silence d’église est de grâce enrobé, L’esprit va savourant son absence de thème. Le calice est tombé dans un sommeil limpide, Si l’on n’y prend bien garde, on croirait qu’il est vide ; Trois gouttes, cependant, en tapissent le fond. Le vin en sang muté, que nul fruit ne surpasse, Se fige dans la coupe et semble un vin de glace, Reflétant de furtifs et malicieux démons.
Crevette vagabonde ----------------------- La crevette navigue aux océans qu’elle aime ; Le soleil peut brûler, les pluies peuvent tomber, Quand on reste dans l’onde, on s’y peut dérober, Car l’illustre Gribouille en fit un théorème. La crevette est subtile, elle aime les poèmes, Même ceux dont l’auteur est un peu perturbé ; Tous ces textes anciens sont de grâce enrobés, On les apprécie même en l’absence de thème. Ses jours sont apaisés, son sommeil est limpide, Si l’on scrute son coeur, on croirait qu’il est vide ; Les sirènes, pourtant, en connaissent le fond. Une algue des récifs, que nul fruit ne surpasse, Se dilue dans son corps et semble un vin de glace, Tel qu’au plus haut des cieux les archanges le font.
Cornes de sinople ------------ Un bélier plus cornu que ceux de Polyphème, Devant qui, plusieurs fois, des géants sont tombés, Par un rusé démon fut un jour dérobé ; Le berger, dégoûté, se répand en blasphèmes. Ça ne suffirait point pour en faire un poème, Car nul dieu de cela ne se vit perturbé ; Mais les vers que j’écris peuvent tout enrober, Dont quelques professeurs font des sujets de thème. Le démon est fautif, cette histoire est limpide, Mais il agit ainsi parce qu’il est stupide ; Il fait tranquillement ce que ses pareils font. Nul tribunal n’ira le remettre à sa place, Quelques vols de bétail, ça les laisse de glace ; Ils laissent donc en paix la faune des bas-fonds.
et une corona Vers où vers qui dis-moi Vers ce que les nanas ont su de ce lourd poids
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