Poème
Danse
par Marie NOËL
Entrez tous dans la danse, Jours tendres, jeunes mois, Enlacez en cadence Vos souffles à ma voix. Mars, entre ! Je t'attrape, Espiègle ! Vert cabri Qui de l'hiver t'échappes, Trop las d'être à l'abri. Entrez, Avril la folle Qui rit entre ses pleurs, Mai dont le coeur s'envole Dans le pollen des fleurs ; Entrez ! Sur le pelouse, Dansez, mois gais, mois purs... Mais le reste des douze Est trop vieux ou trop mûr...
Commentaires (14)
Derniers frissons d'hiver, caprices du temps, festival de couleurs . Tout le printemps est là : la nature se réveille et le miracle de la métamorphose de la nature est assuré, encore une fois.
j'aime trop
Démon frivole -------- Le diable est danseur de tango, Car c’est la danse qu’il préfère ; C’est l’occasion d’avoir affaire Aux gens qui sentent le fagot. Il s’agite en pas inégaux, Être en rythme, ça l’indiffère ; Partenaire, faudra t’y faire, Ne contrarie pas son ego. Il dit « C’est pour nous refroidir Et c’est pour nous désengourdir, Ne craignez rien, douce Eurydice. » La belle qui ne répond rien Regrette ses amants terriens, Eux qui son absence maudissent.
Boire et danser -------------- C’était je ne sais quand, Dans une cave obscure ; Des pourceaux d’Épicure Dansaient en claudicant. Ils buvaient en trinquant, À leur mille aventures ; Leurs boucles de ceinture Étaient d’acier clinquant. Rêveurs sans avenir, Pas très loin d’en finir ; Autour d’eux, le vacarme. Leurs songes étaient vains ; Leur vie était sans charme, Dissoute dans leur vin.
* * * ------- De la confiture Pour les pourceaux d'Épicure, Qui leur en procure ?
et Charles attend toujours une réponse du modérateur (s'il y en a un)...mes poèmes ne sont toujours pas publiés; et ça fait 2 mois...que penser?
Roi des ongulés ---------- Ce grand roi, c’est un bon danseur, Il est léger sans être frêle ; D’une élégance intemporelle, Il nous charme par sa douceur. Jamais il n’eut de professeur, Son aptitude est naturelle ; Il enchante les pastourelles, N’en déplaise à son confesseur. Son âme en rêverie perdue Parcourt de vastes étendues ; Il revoit les neiges d’antan. De lui nous garderons mémoire ; Il est de ceux qui font l’Histoire, Disent nos rhapsodes chantants.
Particule qui danse --------------- C’est un corpuscule vibrant Sous l’effet d’une force obscure ; La pesanteur, il n’en a cure, L’espace est, pour lui, transparent. Il n’a pas de nom, c’est marrant ; Absent de la nomenclature Il se déplace à l’aventure, Car c’est, pour toujours, un errant. Ni le passé, ni l’avenir, Il ne saurait les définir ; Ne croyez pas qu’il s’en alarme. Les physiciens cherchent en vain À capter son étrange charme ; Mais jusqu’ici, nul n’y parvint.
* * * ------ Le flocon danse Dans l'air que le flot condense.
Danse avec les arthropodes --------------------------- Ce n’est ni valse ni tango, C’est une marche singulière ; Ce sont des sursauts de sorcières Et ce sont des pas inégaux. Ces animaux, tels des nigauds, En tous sens bougent leur derrière ; Eux qui évitent la lumière, Ils marmonnent en leur argot. Tu ne les verras pas bondir, Ni d’enthousiasme resplendir ; Mais ils dérapent, mais ils glissent. Nous laisserons donc ces vauriens, Ces abrutis, ces galériens, Ces ordures, ces immondices.
Poisson qui danse ------------- Je suis un espadon galant, Hôte des profondeurs obscures ; Les plaisirs que je me procure N’ont jamais rien d’ambivalent. Fort vif, sans être turbulent, Je multiplie les aventures ; Pour mille amours, mille ruptures, Mon coeur sourit en s’envolant. Où serai-je, dans l’avenir ? Ces beaux jours, quand vont-ils finir ? Me verras-tu verser des larmes ? L’eau de la mer, comme un bon vin, Donne à nos jours un certain charme ; Tous les malheurs frappent en vain.
Monstre danseur -------- Je suis moi-même quand je danse, Et tu n’y pourras rien changer ; J’oublie la vie et ses dangers, J’oublie toutes les évidences. Mes sensations deviennent denses Comme quand j’allais vendanger ; Je ne veux pas les engranger Ni leur offrir de résidence. Ma voix ne veut nul auditeur Ni mes écrits nul éditeur ; Je suis un vivant sans histoire. Mon programme ne varie pas ; Après la danse, le repas Dans un modeste réfectoire.
Démon qui danse ------------ Je danse aux fêtes coutumières, J’y fais admirer ma grandeur ; Les musiciens sont peins d’ardeur, Je leur dispense ma lumière. Le bal fait voler la poussière, Comme ferait un vent frondeur ; En long, en large, en profondeur Et sur les défroques princières. Moi, je me comporte en vainqueur Car je suis un être moqueur, Tant pis pour ceux qui le déplorent. Je triomphe à cor et à cris, Personne n’en sera surpris, Mon âme n’est pas incolore.
c'est Noël dense est la danse !
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