Poème
Dame sans trop d'ardeur...
Dame sans trop d'ardeur à la fois enflammant La rose qui cruelle ou déchirée, et lasse Même du blanc habit de pourpre, le délace Pour ouïr dans sa chair pleurer le diamant Oui, sans ces crises de rosée et gentiment Ni brise quoique, avec, le ciel orageux passe Jalouse d'apporter je ne sais quel espace Au simple jour le jour très vrai du sentiment Ne te semble-t-il pas, disons, que chaque année Dont sur ton front renaît la grâce spontanée Suffise selon quelque apparence et pour moi Comme un éventail frais dans la chambre s'étonne A raviver du peu qu'il faut ici d'émoi Toute notre native amitié monotone.
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Trois nefs bizarres --------------------- Sur cette nef de sable est un coeur, s'enflammant Pour de folles amours, une âme jamais lasse Des rêves qu'on poursuit, des songes qu'on enlace, Au pays de Morgane et du prince charmant. On voit sur la nef d'or s'allonger gentiment Un oisif qui attend que les choses se passent, Il ne se presse pas pour traverser l'espace, On ne sait pas vraiment quels sont ses sentiments. Or, sur la nef d'argent, vit depuis des années Un gai compère moine, à la joie spontanée, Qui ne se laisse pas brider par son surmoi Je vois ces trois vaisseaux, alors, je m'en étonne, Observer l'océan n'est pas si monotone, Mais peut nous apporter la surprise et l'émoi.
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