Poème
Complainte des bons ménages
par Jules LAFORGUE
L'art sans poitrine m'a trop longtemps bercé dupe. Si ses labours sont fiers, que ses blés décevants ! Tiens, laisse-moi bêler tout aux plis de ta jupe Qui fleure le couvent. Le génie avec moi, serf, a fait des manières ; Toi, jupe, fais frou-frou, sans t'inquiéter pourquoi, Sous l'oeillet bleu de ciel de l'unique théière, Sois toi-même, à part moi. Je veux être pendu, si tu n'es pas discrète Et comme il faut, vraiment ! Et d' ailleurs tu m'es tout. Tiens, j'aimerai les plissés de ta collerette Sans en venir à bout. Mais l'Art, c'est l'Inconnu ! qu'on y dorme et s'y vautre, On peut ne pas l' avoir constamment sur les bras ! Eh bien, ménage au vent ! Soyons Lui, Elle et l'Autre. Et puis, n'insistons pas.
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