Poème d’un membre
Cœur parisien
par IsalouMembre
Il rime une chanson Sur un air de bohème En rêvant d’un tandem Chantant à l’unisson, Puis siffle sur un pont Pour la joie d'une reine Roucoulant des je t’aime Sous un envol de pigeons. Il fredonne sur scène De douces oraisons Pour ôter l’aiguillon Du cœur des Parisiennes, Puis pianote leur peine Bercée par l’illusion De briser le bâillon De l’amour qui s’égrène. Tandis que sa voix vibre À l’angle d’un troquet Sur le dernier succès Semble Paris si libre. Et c’est sur ses rengaines Que tangue l’horizon Au-delà des pontons Arrosés par la Seine. De celles qui résonnent À toutes les saisons Tel un grand tourbillon Emportant son trombone. Dans le froid de l’hiver S'accroche son émoi Au givre de sa voix Entonnant bien des vers. Dans la joie du printemps Gravite dans la rue Une belle inconnue Décuplant son talent. Au plus chaud de l’été Se consume un couplet Sur un air guilleret Pansant son cœur brûlé. Sous le vent de l’automne S’envole son orgueil Quand son chagrin s’effeuille Alors même qu'il fredonne. Sous la rose des vents Retentit à tout va Son vieil air de java Sublimant le présent.
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