Poème
Cléopâtre
Cléopâtre embaumait l’Egypte ; toute nue, Elle brûlait les yeux, ainsi que le soleil ; Les roses enviaient l’ongle de son orteil… Victor Hugo, Zim-Zizimi. Dans la nuit brûlante où la plainte continue Du fleuve pleure, avec son grand peuple éternel De Dieux, le palais, rêve effroyable et réel, Se dresse, et les sphinx noirs songent dans l’avenue. La blanche lune, au haut de son vol parvenue, Baignant les escaliers élancés en plein ciel, Baise un lit rose où, dans l’éclat surnaturel De sa divinité, dort Cléopâtre nue. Et tandis qu’elle dort, délices et bourreau Du monde, un dieu de jaspe à tête de taureau Se penche, et voit son sein où la clarté se pose. Sur ce sein, tous les feux dans son sang recélés Etincellent, montrant leur braise ardente et rose, Et l’idole de jaspe en a les yeux brûlés.
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Taureau de sable ------------------ Du grand taureau volant l'errance continue Le conduit au-dessus des déserts éternels ; Il survole ce monde, effroyable et réel, Puis entre dans la ville, au long d'une avenue. Une foule joyeuse, aux faubourgs parvenue, Applaudit ce héros qui traverse le ciel ; Il salue à son tour, héros surnaturel, Admirant la vestale et ses épaules nues. C'est un noble animal, ce n'est pas un blaireau, C'est un oiseau magique à tête de taureau : Béni soit à jamais le sol où il se pose. -- Taureau, de ton pays par le soleil brûlé, Dis-nous pourquoi, ce jour, ton corps s'est envolé ? -- J'avais la nostalgie des lilas et des roses.
Petit César deviendra Jules -------------------------- Une fine sagesse animée de folie, Le désir de la gloire avec la soif de l’or Et le goût du combat qui jamais ne s’endort ; Puis, avec tout cela, des manières polies. La reine Cléopâtre, en sa mélancolie, Ne voit plus du palais le magique décor ; Car du héros qui fut le maître de son corps Sera, dans peu de temps, l’existence abolie. À Rome conduis-moi, vaillant batelier grec, Je vous attendrirai, sénateurs au coeur sec ; Vous devrez honorer votre compagnon d’armes. Or, la reine, en tenant ce discours très touchant, Voit ses espoirs s’enfuir dans le soleil couchant ; Et Rome en a reçu le trésor d’une larme.
La rage d’aimer En dépit des calmants, la douleur continue, Aussi appelle t’elle à l’aide l’éternel, Elle qui soutenait qu’il n’était pas réel Encore hier au soir, au bar de l’Avenue. Une rage de dents est ainsi parvenue À faire qu’une athée se tourne vers le ciel Il n’y a en cela rien de surnaturel C’est une conversion connue et reconnue. De la foi le malheur est souvent le terreau, Nombreux sont les croyants qui voient Dieu en Zorro ; Ils font appels à lui quand leur vie n’est pas rose. Mais pour des religieux (certains furent brulés*), Sur un autre rapport, leur dévotion repose, Ils se sentent avec lui étroitement mêlés. *https://misquette.wordpress.com/2014/11/29/101-lettre-ouverte-a-marguerite-porete/
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