Poème
Cigale
par Marceline DESBORDES-VALMORE
"De l'ardente cigale J'eus le destin, Sa récolte frugale Fut mon festin. Mouillant mon seigle à peine D'un peu de lait, J'ai glané graine à graine Mon chapelet. "J'ai chanté comme j'aime Rire et douleurs ; L'oiseau des bois lui-même Chante des pleurs ; Et la sonore flamme, Symbole errant, Prouve bien que toute âme Brûle en pleurant. "Puisque Amour vit de charmes Et de souci, J'ai donc vécu de larmes, De joie aussi, A présent, que m'importe ! Faite à souffrir, Devant, pour être morte, Si peu mourir." La chanteuse penchée Cherchait encor De la moisson fauchée Quelque épi d'or, Quand l'autre moissonneuse, Forte en tous lieux, Emporta la glaneuse Chanter aux cieux.
Commentaires (2)
Oui, la vie est un festin Pour les cigales, sans doute ; De leur ultime destin, Ça, les cigales s'en foutent.
[...] jours, le destin nous semble obscur et lourd Et l’horizon perdu sous un rideau de pluie. Gardons notre [...]
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