Poème
Bien souvent je revois sous mes paupières closes
Bien souvent je revois sous mes paupières closes, La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses, Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul, Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul, Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes, Le ciel de mon enfance où volent des colombes, Les larges tapis d'herbe où l'on m'a promené Tout petit, la maison riante où je suis né Et les chemins touffus, creusés comme des gorges, Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges, A qui mes souvenirs les plus doux sont liés. Et son sorbier, son haut salon de peupliers, Sa source au flot si froid par la mousse embellie Où je m'en allais boire avec ma soeur Zélie, Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons Et les abeilles d'or qui volaient sur nos fronts, Le verger plein d'oiseaux, de chansons, de murmures, Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres, Et j'entends près de nous monter sur le coteau Les joyeux aboiements de mon chien Calisto ! Septembre 1841.
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Le dimanche matin, près des boutiques closes, Ou le long d'un grand parc où s'ouvrent mille roses, Ou dans la fraîche impasse ombragée de tilleuls, Je vais droit devant moi, comme un paisible aïeul. Désert, le cimetière aux innombrables tombes, Pas même le corbeau ni la blanche colombe N'y sont présents ce jour. Las de me promener, Je m'assois au fond d'un jardin abandonné, Et ces quelques quatrains paisiblement se forgent Dans un grand carnet noir que j'ai toujours sur moi ; J'écris ce texte au son des cloches du beffroi, Sous l'oeil indifférent d'un jeune rouge-gorge. Mais je n'aligne point les rimes par milliers : Ils offrent l'apéro, mes voisins de palier.
Au lendemain de la fête des voisins les clochards se font de nouveaux copains
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