Poème
Ballade de la joyeuse chanson du cor
Ainsi qu'un orage tonnant A la voix des magiciens, Le cor éveille, en résonnant Sur les coteaux aériens, Le choeur des vents musiciens. Sonnez, piqueurs galonnés d'or! Parmi les aboiements des chiens Qu'il est joyeux le son du cor! Dans le clair matin rayonnant, Plus d'ennuis et plus de liens Au bois sauvage et frissonnant Qui n'a que des loups pour gardiens! Éclatez, cris olympiens, Encor! Encor! Encor! Encor! O chasseurs, francs bohémiens, Qu'il est joyeux le chant du cor! Le soleil embrase, en tournant, Les gorges de ces monts anciens, Et l'on croit y voir maintenant Briller cent rubis indiens. O sanglier géant, tu viens Tomber dans ce riche décor: Hurrah! bons chiens patriciens! Qu'il est joyeux le chant du cor! Envoi. Prince, les beaux tragédiens Que ces chiens au rapide essor, Et dans les vents éoliens Qu'il est joyeux le chant du cor! Octobre 1869.
Commentaires (2)
Azur, argent et gueules ------------------------------ Un hibou que le soleil dore Vole dans le grand ciel d'azur ; Il suit sa voie, d'un regard sûr, Dans le beau pays tricolore. L'oie danse, et le cerf, plus encore, Dans le paysage d'argent ; Ces animaux, quels braves gens, Peuple du pays tricolore. De gueules, la mer que décore La nef d'argent des fiers pêcheurs ; Leur filet s'emplit de bonheur, Marins du pays tricolore.
Trinité sonore ---------- En cas de gloire ou de calamité, Les trois neveux de ce roi vénérable Sonnent du cor, signal incomparable Pour exulter ou pour se lamenter. Dans leurs combats rudement molestés, Bien éloignés des plaisirs délectables Et menacés par des sorts redoutables, Prendront le cor et le feront chanter. Il faut sonner quand la chance est contraire, Ces instruments refusent de se taire : Je les entends clamer ou soupirer Le noble roi, recevant cette plainte Par la distance un petit peu éteinte Y répondra, j’ose au moins l’espérer.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.