Poème
Ballade de la belle Heaumière aux filles de joie
par François VILLON
" Or y pensez, belle Gautière Qui écolière souliez être, Et vous, Blanche la Savetière, Or est-il temps de vous connaître : Prenez à dêtre ou à senêtre ; N'épargnez homme, je vous prie ; Car vieilles n'ont ne cours ne être, Ne que monnoie qu'on décrie. " Et vous, la gente Saucissière Qui de danser êtes adêtre, Guillemette la Tapissière, Ne méprenez vers votre maître : Tôt vous faudra clore fenêtre, Quand deviendrez vieille, flétrie : Plus ne servirez qu'un vieil prêtre, Ne que monnoie qu'on décrie. Jeanneton la Chaperonnière, Gardez qu'ami ne vous empêtre ; Et Catherine la Boursière, N'envoyez pas les hommes paître ; Car qui belle n'est, ne perpètre Leur male grâce, mais leur rie, Laide vieillesse amour n'empètre Ne que monnoie qu'on décrie. Filles, veuillez vous entremettre D'écouter pourquoi pleure et crie : Pour ce que je ne me puis mettre Ne que monnoie qu'on décrie. "
Commentaires (1)
Beauté mûre -------------- Toute vanité n'est pas vaine : Concernant la beauté humaine, Elle persiste, bien souvent, Que ce soit à la Cour, que ce soit dans un cloître, Chez la dame cuidant que les ans la font croître, Splendeur que ne saurait anéantir le vent.
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