Poème
Avant que mon désir douloureux soit comblé
par Charles GUÉRIN
Avant que mon désir douloureux soit comblé D'un amour qui l'apaise enfin ou dont je meure, Entendrai-je souvent encor la mer du blé Bruire aux alentours de ma chère demeure ? Trop de fois, taciturne et sombre, et regardant Mes chiens souples bondir à travers l'herbe haute, J'ai dispersé ton feu stérile, ô coeur ardent, A tous les vents du soir qui soufflent sur la côte ! J'ai trop de fois déjà sous un ciel attristé, Quand les bois abdiquaient à mes pieds leur couronne, Rêvé d'une tragique amante, ou convoité Le plaisir qu'un bonheur sans remords environne ! Les jours s'en vont, les mains, hélas ! vides de fleurs, Me laissant seul avec une âme inassouvie Qu'ils ont marquée au sceau des plus âpres douleurs. Aurais-je donc en vain mis ma foi dans la vie ? [...]
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Les chiens d'Héphaïstos ------------------------- Les chiens d'Héphaïstos, de pitance comblés, Ont attisé le feu, car point ne faut qu'il meure ; Plus clair est ce brasier que les grands champs de blé Qui jamais ne croîtront auprès de leur demeure. Ces deux fiers apprentis rêvent en regardant Au coin de l'atelier monter la flamme haute, Croyant voir transparaître, en ce feu si ardent, La divine clarté, L'Esprit de Pentecôte. Pour ces deux forgerons, la flamme est une fleur Qui montre devant eux son âme inassouvie ; Le fer entre leurs mains changera sans douleur, Mourant pour entamer ne nouvelle vie.
Voir aussi https://paysdepoesie.wordpress.com/2016/05/02/les-chiens-dhephaistos/
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