Poème
Aux conquérants ambitieux
par François Tristan L'HERMITE
Vous que l'ambition dispose à des efforts Que n'oserait tenter un courage vulgaire Et qui vous conduiriez jusqu'au séjour des morts Afin d'y rencontrer de quoi vous satisfaire. Voulez-vous butiner de plus riches trésors Que n'en ont tous les lieux que le soleil éclaire ? Sans courir l'océan ni ravager ses bords, Venez voir ma Princesse et tâchez de lui plaire. Vous pourriez conquérir, s'il plaisait au Destin, Les terres du Couchant, les climats du Matin, Et l'lle dont la Rose est la Reine de l'onde. Vous pourriez asservir l'État des fleurs de lis, Vous pourriez imposer des lois à tout le monde, Mais tout cela vaut moins qu'un baiser de Philis.
Commentaires (1)
Papegaults de sinople ----------------------------- Les papegaults savants disent, avec effort, Un poème latin qui n’a rien de vulgaire ; Une épopée parlant de voyage et de mort, De voyages en mer, et d’amour, et de guerre. Ils racontent aussi une chasse au trésor Par des chemins perdus, que le soleil éclaire ; Un récit quelque peu délirant sur les bords, Ce qui, je vous le dis, n’est pas pour me déplaire. Heureux de n’avoir pas trop perdu mon latin, J’entends, de ces héros, le tragique destin, La pérégrination sur la terre et sur l’onde, La visite nocturne aux temples obscurcis, Et l’apprivoisement de leur coeur endurci Par le sourire fin d’une sirène blonde.
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