Poème
Autre Amoureuse
par Alphonse DAUDET
Lorsque je vivais loin de vous, Toujours triste, toujours en larmes, Pour mon cœur malade et jaloux Le sommeil seul avait des charmes. Maintenant que tu m’appartiens Et que mon cœur a sa pâture, – Il ne m’est plus qu’une torture, Le sommeil cher aux jours anciens. Lorsque je dormais loin de vous, Dans un rêve toujours le même, Je vous voyais à mes genoux Me dire chaque nuit : « Je t’aime ! » Maintenant que tu m’appartiens, Dans les bras chaque nuit je rêve Que tu pars, qu’un méchant t’enlève Et que je meurs quand tu reviens.
Commentaires (3)
Amer...
Daudet, tu sais, l'amour rend fou, Parfois, s'il a trop de violence. Bien malheureux sont les jaloux, Tristes les gars sans indulgence. Tu crois qu'un être t'appartient, Tu prétends que c'est ta pâture ; Allons, oublie cette imposture, Car je te dis, en vérité, Que l'amour vit de liberté.
(Ce que, d'ailleurs, tu savais bien).
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