Poème
Aubade
par Paul CELAN
Infiniment vertes, les feuilles vertes de lierre croisent sur la joue du silence, dans les cheveux déliés, essayant de retenir l'éclair blanc d'une aile de colombe mon passé n'est plus qu'une lueur dans l'air. Du mât s'envolent à présent les drapeaux du danger, l'ancre se soulève de son lit d'herbes mauvaises, le vert repousse là où nous avons dormi. Tu sais ce que je donnerais pour l'aile de la colombe qui flotte, invisible, au-dessus du silence; pourquoi pleures-tu quand je hisse une voile à l'aube ?
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