Poème
Attente
par Esther GRANEK
Portraits et chansons sans retouches
Cette graine que je tiens dans le creux de ma main, qu’en naîtra-t-il demain ? Un roseau ou un chêne ? Quelque plante de jardin ? J’ignore et ne m’en plains. Mais le coeur me palpite, sachant qu’en elle habite une vie qui attend mon plaisir du moment et qui dira : présent pourvu que je lui trouve bonne terre qui la couve. Ainsi, bonne graine attend. Cet amour que tu tiens dans le creux de ta main, qu’en naîtra-t-il demain ? Mon bonheur, ou ma peine ? Ou mes regrets sans fin ? Je l’ignore, ô combien. Mais là, mon coeur se glace de ne savoir ma place au destin qui attend ton plaisir du moment. Car c’est toi qui choisis, et c’est moi qui subis. Bonne chienne qui attend. Et bon chien s’y entend. 1976
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Coeur qui vole ---------- Coeur planant, coeur battant, J’aime la friche herbeuse ; Une muse moqueuse Murmure, et je l’entends. Elle eut un beau printemps, Cette âme un peu frileuse ; Voici qu’elle est songeuse, Au bout de tout ce temps. Elle semble effarée Comme une âme égarée, Sujette aux errements. Cela n’a rien d’étrange, Ce sont Joie et Tourment Qui leurs places échangent.
* * * ----- Gonflé à l'hydrogène.
Monstre las ------- Je suis comme un débris flottant, Comme une épave paresseuse ; Mon âme qui fut maraudeuse Reste sur place, en végétant. Il est loin, mon trop vif printemps, Car voici la saison frileuse ; Voici la fin de vie songeuse, Car de vivre, i l n’en est plus temps. Comme une nef désemparée, Comme une hirondelle égarée, Cette âme vit dans le tourment. L’hiver en lui-même se change, Imperceptible changement ; C’est naturel et c’est étrange.
Cette lassitude est contagieuse.
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