Poème
Amazone
par Renée VIVIEN
L’Amazone sourit au dessus des ruines, Tandis que le soleil, las de luttes, s’endort. La volupté du meurtre a gonflé ses narines : Elle exulte, amoureuse étrange de la mort. Elle aime les amants qui lui donnent l’ivresse De leur fauve agonie et de leur fier trépas, Et, méprisant le miel de la mièvre caresse, Les coupes sans horreur ne la contentent pas. Son désir, défaillant sur quelque bouche blême Dont il sait arracher le baiser sans retour, Se penche avec ardeur sur le spasme suprême, Plus terrible et plus beau que le spasme d’amour.
Commentaires (2)
Rêver d’une amazone ---------------- Amazone, où se trouve à présent ta demeure ? Abandonnes-tu donc le vieillard que je suis ? À de telles questions, répondre je ne puis, Mais je devrai le faire avant que je ne meure. Quand tu m’accompagnais, ma vie était meilleure, Et mon jardin donnait de plus excellents fruits ; Plus beaux, parmi les chants, ceux qu’à deux l’on produit, Plus capables aussi d’ensorceler nos heures. Les sombres carillons sonnent à mon beffroi, Je songe à mon époque et à ma destinée ; Je marche moins souvent, je crains un peu le froid. Reviendront au printemps les parfums du jasmin Et l’heureuse lenteur que prennent les journées, Quand nous irons tous deux par les mêmes chemins.
Une Amazone qui a bien de la chance que l'on chante ainsi sa compagnie.
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