Poème
A une orpheline
Heureux le coeur de l'homme à qui Dieu n 'a pas demandé de larmes pour le tombeau d'une mère. SAINTE-FOI. Dis, mon ange, pourquoi cette pâleur étrange? Pourquoi ton doux regard semble-t-il s'attrister? La beauté sur ta joue a posé sa main d'ange; Tu ne devrais savoir que sourire et chanter. L'existence, il est vrai, perd bien vite ses charmes : J'ai vu de jeunes fronts blanchis avant le temps; Mais l'oeil des chérubins ne verse pas de larmes, Et la bise d'automne est muette au printemps. Laisse à ton père, à moi, soucis et peine amère, Fardeau qui bien souvent fait plier nos genoux... Mais, entre deux sanglots, ta lèvre a dit : « Ma mère! » Ah! pauvre ange, pardon : viens pleurer avec nous!
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