Poème
À une Demoiselle qui avait les manches
par Vincent VOITURE
de sa chemise retroussées et sales Vous qui tenez incessamment Cent amants dedans votre manche, Tenez-les au moins proprement, Et faites qu'elle soit plus blanche. Vous pouvez avecque raison, Usant des droits de la victoire, Mettre vos galants en prison ; Mais qu'elle ne soit pas si noire ! Mon coeur qui vous est si dévot, Et que vous réduisez en cendre, Vous le tenez dans un cachot, Comme un prisonnier qu'on va pendre. Est-ce que brûlant nuit et jour, Je remplis ce lieu de fumée, Et que le feu de mon amour En a fait une cheminée ?
Commentaires (1)
Cet auteur s’assied vaillamment Et retrousse ses belles manches, Puis il découpe proprement Une moitié de feuille blanche. Il mobilise sa raison Qui lui donna tant de victoires ; Il la menace de prison Si elle ne trouve une histoire. Mais la raison de ce dévot N’aime point trop son coeur en cendres ; Elle s’enfuit de son cachot Et lui dit « Va te faire pendre ». Ah, voilà qu’en ce nouveau jour, L’inspiration part en fumée ! Pas même une chanson d’amour ; Que lui dira sa dulcinée ?
Connecte-toi pour laisser un commentaire.