Poème
A Madame Aguado
par Gérard de NERVAL
Colonne de saphir, d'arabesques brodée, Reparais ! Les ramiers s'envolent de leur nid ; De ton bandeau d'azur à ton pied de granit Se déroule à longs plis la pourpre de Judée. Si tu vois Bénarès, sur son fleuve accoudée, Détache avec ton arc ton corset d'or bruni Car je suis le vautour volant sur Patani, Et de blancs papillons la mer est inondée. Lanassa ! fais flotter ton voile sur les eaux ! Livre les fleurs de pourpre au courant des ruisseaux. La neige du Cathay tombe sur l'Atlantique. Cependant la prêtresse au visage vermeil Est endormie encor sous l'arche du soleil, Et rien n'a dérangé le sévère portique.
Commentaires (1)
La dentelle des mots sur la Toile est brodée Et d’étranges concepts y construisent leur nid. Un auteur, pour chercher ce qui les réunit, S’efforce d’accrocher à chacun une idée, * Sans pouvoir avancer, même d’une coudée ; Ce vieil auteur oublie ces mots mal définis Pour exercer ailleurs son esprit démuni. Vainement de sonnets la Toile est inondée : * Lorsque l’esprit divin s’avançait sur les eaux, La poésie planait sur le moindre ruisseau Et faisait scintiller les flots de l’Atlantique ; * Maintenant nul ne voit le visage vermeil Du Dieu qui alluma la lune et le soleil, Ni ne parle avec lui, le soir, sous les portiques.
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