Poème
A ceux qui dorment
par Victor HUGO
Réveillez-vous, assez de honte ! Bravez boulets et biscayens. Il est temps qu'enfin le flot monte. Assez de honte, citoyens ! Troussez les manches de la blouse. Les hommes de quatrevingt-douze Affrontaient vingt rois combattants. Brisez vos fers, forcez vos geôles ! Quoi ! vous avez peur de ces drôles ! Vos pères bravaient les titans ! Levez-vous ! foudroyez et la horde et le maître ! Vous avez Dieu pour vous et contre vous le prêtre Dieu seul est souverain. Devant lui nul n'est fort et tous sont périssables. Il chasse comme un chien le grand tigre des sables Et le dragon marin ; Rien qu'en soufflant dessus, comme un oiseau d'un arbre, Il peut faire envoler de leur temple de marbre Les idoles d'airain. Vous n'êtes pas armés ? qu'importe ! Prends ta fourche, prends ton marteau ! Arrache le gond de ta porte, Emplis de pierres ton manteau ! Et poussez le cri d'espérance ! Redevenez la grande -France ! Redevenez le grand Paris ! Délivrez, frémissants de rage, Votre pays de l'esclavage, Votre mémoire du mépris ! Quoi ! faut-il vous citer les royalistes même ? On était grand aux jours de la lutte suprême. Alors, que voyait-on ? La bravoure, ajoutant à l'homme une coudée, Etait dans les deux camps. N'est-il pas vrai, Vendée, Ô dur pays breton ? Pour vaincre un bastion, pour rompre une muraille, Pour prendre cent canons vomissant la mitraille. Il suffit d'un bâton ! Si dans ce cloaque ou demeure, Si cela dure encore un jour, Si cela dure encore une heure, Je brise clairon et tambour, Je flétris ces pusillanimes, Ô vieux peuple des jours sublimes, Géants à qui nous les mêlions, Je les laisse trembler leurs fièvres, Et je déclare que ces lièvres Ne sont pas vos fils, ô lions ! 15 janvier 1853.
Commentaires (2)
[...] This third extract contains material from the evening of 24 August, as the Dronne column arrived at the Hôtel de Ville. Pierre Schaeffer’s call for all the bells of Paris to ring their bells can be heard at 1:00. At 3:40 there is a rare woman’s voice, as someone reads a report from At 4:20 a gendarme from Antony describes the advance of the Leclerc Division. At 6:05 a journalist reads from an underground book, with the sound of the bells of Notre Dame in the background. At 8:40 a journalist reads a poem by Victor Hugo, ‘A ceux qui dorment’. [...]
Cher Victor, tu brandis le drapeau tricolore ; Du pauvre Badinguet, le teint se décolore !
Connecte-toi pour laisser un commentaire.