Poème
24 - Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé...
par Louise LABÉ
Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé, Si j'ai senti mille torches ardentes, Mille travaux, mille douleurs mordantes. Si, en pleurant, j'ai mon temps consumé, Las ! que mon nom n'en soit par vous blamé. Si j'ai failli, les peines sont présentes, N'aigrissez point leurs pointes violentes : Mais estimez qu'Amour, à point nommé, Sans votre ardeur d'un Vulcain excuser, Sans la beauté d'Adonis accuser, Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses, En ayant moins que moi d'occasion, Et plus d'étrange et forte passion. Et gardez-vous d'être plus malheureuses !
Commentaires (4)
Louise, à te lire, on ne peut que t’aimer ; Goûter, du moins, ta jolie plume ardente Qui, au besoin, peut se montrer mordante ; Et les galants qui se sont consumés En te servant, je ne les veux blâmer : Un homme à qui telle amour se présente Est excusé d’une ardeur violente, Qu’il soit fort humble, ou seigneur renommé.
Deux verres de Graves ------------------- Voici du vin pour vous, si vous l'aimez ; Vin capiteux, la saison fut ardente, Sans intrusion de la grêle mordante Ni du vent chaud qui peut tout consumer. De boire ainsi, qui donc va nous blâmer ? Puisqu'aujourd'hui l'occasion se présente D'un entretien, d'une pause plaisante, Prenons un peu de ce vin renommé. Puis nous irons vers nos terrains en friche, Eux qui n'ont rien de ce qui plaît aux riches, Mais qui me sont un bienheureux séjour. Là, des oiseaux chanteront en grand nombre Pour témoigner que leur vie n'est pas sombre : Elle est emplie de la saveur du jour.
Pouvez vous me faire une petite sytese sur se poèmes s'il vous plaît cordialement
en quel année a été publie le poème ne reprenez dames si j'ai aimé
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