Poème
22 - Luisant Soleil, que tu es bienheureux...
par Louise LABÉ
Luisant Soleil, que tu es bienheureux De voir toujours t'Amie la face ! Et toi, sa soeur, qu'Endymion embrasse, Tant te repais de miel amoureux ! Mars voie Vénus ; Mercure aventureux De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ; Er Jupiter remarque en mainte place Ses premiers ans plus gais et chaleureux. Voilà du Ciel la puissante harmonie, Qui les esprits divins ensemble lie ; Mais s'ils avaient ce qu'ils aiment lointain, Leur harmonie et ordre irrévocable Se tournerait en erreur variable, Et comme moi travaillerait en vain.
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Les sept lumières (Pays de Poésie, 21 juillet 2013) --------------------------------------------------- La lune a sa clarté, pour l’amant, pour l’amante, Lumière qui vaut bien celle d’un écran froid. La lueur d’Antarès me cause de l’effroi, Dont la source, pourtant, ne m’est pas apparente. Est-il une planète aussi intelligente Que le fugace Hermès, un voyageur sournois ? Or, son gardien est là : c’est le nocturne roi Dont la lumière est dense, et modeste, et prudente. Vénus des lois des corps est un peu connaisseuse, Et rien ne se compare à sa blancheur neigeuse ; Saturne d’un chacun anticipe le sort Et s’il ne le croit pas, lui montre les images. Le soleil du matin, plus qu’une étoile, est sage ; Le soleil de midi, plus que mon âme, est fort.
Trois pictogrammes ------------------------- Fait par un scribe au jardin bienheureux Est un écu dont plaisante est la face ; Il est porteur de trois signes que trace En trois couleurs, un pinceau chaleureux. La marque d’or dit l’être aventureux, L’argent figure une étoile de glace, Et de sinople un dessin trouve place, Représentant un chapitre amoureux. Le tout présente une belle harmonie, Ici ou là, nul lecteur ne le nie ; L’esprit global, n’en est-il pas lointain ? La faute en est au temps, irrévocable, Qui perd le sens comme l’eau perd le sable ; Paléographe y perd sa peine, en vain.
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