Poème
09 - Tout aussitôt que je commence à prendre...
par Louise LABÉ
Tout aussitôt que je commence à prendre Dans le mol lit le repos désiré, Mon triste esprit, hors de moi retiré, S'en va vers toi incontinent se rendre. Lors m'est avis que dedans mon sein tendre Je tiens le bien où j'ai tant aspiré, Et pour lequel j'ai si haut soupiré Que de sanglots ai souvent cuidé fendre. Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse ! Plaisant repos plein de tanquillité, Continuez toutes les nuits mon songe ; Et si jamais ma pauvre âme amoureuse Ne doit avoir de bien en vérité, Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.
Commentaires (3)
À l'Est chaque matin apparaît le soleil Tout le jour il avance et donne sa lumière Et chaque jour il tombe à son heure dernière Derrière l'Ouest il semble abriter son sommeil * Mais il est obligé de rester en éveil Car pour se lever à sa place coutumière D'Ouest en Est il lui faut franchir la Terre entière Avançant sous le sol d'un effort sans pareil * À moi ma nuit aussi est dans un inframonde Un univers bizarre où la magie abonde Où le décor est sombre et les êtres tordus * Et j'aime ce parcours dans un étroit tunnel Inframonde au pouvoir des dieux originels Et du plus grand d'entre eux un amour éperdu
Disciple -------- Avec Louise apprendre, Je l’aurais désiré : Tous les deux, retirés, Disant des choses tendres Ou faites pour surprendre ; Apprendre à soupirer, Apprendre à délirer, Apprendre à bien s’entendre. Eût-elle été heureuse Dans cette intimité Avec un tel élève ? Question vraiment oiseuse : Je ne puis la traiter Qu’au profond de mon rêve.
Maison de sinople --------- Ici vécut jadis la muse polyandre, Elle qui toujours prit ce qu’elle a désiré : Cette maison se dresse en un lieu retiré Arborant de vieux murs peints d’une couleur tendre. Qui pourrait aujourd’hui de l’absente s’éprendre ? Qui pourrait pour ses yeux disparus soupirer ? Un poète sans doute ainsi peut délirer, C’est principalement ce qu’il sait entreprendre. Je parle à des témoins de ces années heureuses, Qui ne se lassent point de me les raconter, Un parfum nostalgique à ces instants s’élève. Muse, de qui es-tu maintenant l’amoureuse ? Je sais bien qu’il en est selon ta volonté, Libre dans l’existence ainsi que dans tes rêves.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.