Poème
06 - Je me souviens de toi telle...
par Pablo NERUDA
Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne: un simple béret gris avec le coeur en paix. Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule. Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme. Enroulée à mes bras comme un volubilis, les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible. Un bûcher de stupeur où ma soif se consume. Douce jacinthe bleue qui se tord sur mon âme. je sens tes yeux qui vont et l'automne est distant: béret gris, cris d'oiseau, coeur où l'on est chez soi et vers eux émigraient mes désirs si profonds et mes baisers tombaient joyeux comme des braises. Le ciel vu d'un bateau. Les champs vus des collines: lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir. Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules. Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.
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Oiseau du souvenir ---------- Auprès d’une oiselle-déesse Vécut cet oiseau langoureux ; Échangeant des mots amoureux, Ils ont vécu dans la paresse. Ce fut leur commune sagesse, D’être avec peu de chose heureux ; Car, de presque rien désireux, Ils évitaient toute détresse. De belles plumes revêtus, Ils s’efforçaient à la vertu ; Ce fut une tâche légère. Le Destin n’est pas sans merci, Qui n’offre pas que des soucis, Mais aussi des joies passagères.
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